Nicolas Goujat

Expert automobile, l'homme à la Rolls

Nicolas Goujat, l’homme à la Rolls

Nicolas Goujat, l’un des rares spécialistes français des Rolls Royce et des Bentleys Vintage, est d’une grande patience. On se connait mieux maintenant mais sachez que j’ai été le voir 2 fois, comme ça sur des coups de tête, et à chaque fois c’était pour essayer toujours et encore le même modèle : une RR Corniche en conduite à gauche. A chaque fois Nicolas a été très pro. Passant du temps avec moi et m’expliquant son travail avec passion.

J’aime les RR Corniche. J’ai encore l’image d’un pimp (*) sur Sunset boulevard à Beverly Hills au volant de sa corniche blanche immaculée. Il faisait sa tournée avec ! Pour le petit versaillais bien élevé, âgé de 22 ans, que j’étais ce fut, non pas une révélation…, mais une plongée dans un univers inconnu.

Nicolas n’est pas né à Hollywood. Issu d’une famille de garagistes, Il a été élevé en Auvergne, à l’huile de vidange… Nicolas vend des voitures mais ce n’est pas « un marchand de voiture » qui essaye de vous « fourguer » sa came et ça se voit tout de suite. Nicolas aime les Rolls Royce et les Bentley pour les avoir démontées, maintes et maintes fois, dans tous les sens.

Nicolas : l’homme des hautes sphères

Nicolas ouvre son garage il y 8 ans. Dans son atelier qu’il fréquente 10 heures /jour, il entame alors son parcours initiatique et peaufine son art, jours après jours, années après années, boulons après boulons, sphères après sphères…..

A ses yeux, les Bentley et les RR restent des voitures complexes dont il faut comprendre la logique.

Bien que très discret, il est devenu l’un des rares spécialistes français des Bentley et RR vintage. Son activité de remise en état, maintenance et vente repose à 90% sur RR et Bentley. Il lui arrive de faire quelques écarts avec des Jaguar, des BMW ou des Mercedes, mais uniquement sur des modèles qu’il « connait bien ».

 (*) : Pimp = souteneur, celui qui fait travailler des filles

Des voitures complexes à la réputation sulfureuse

C’est pendant longtemps l’image qui a été accolé à ces voitures que Nicolas qualifie lui-même de «complexes». Pourtant, aujourd’hui le marché se stabilise et croit même de façon régulière, loin des effets de mode. Pour Nicolas on part de très loin : « Les RR et les Bentley des années 70 -80 ont souvent été « oubliées » et sont donc généralement pas ou mal entretenues, ce qui contribue à leur conférer une réputation sulfureuse de voitures pas fiables. Ajoutez à cela une faible visibilité (la presse n’en parle quasiment jamais, on en voit très peu dans les salons et manifestations d’anciennes), des pièces difficiles à trouver, du moins en France, et vous aurez là une bonne recette pour créer un marché atone ».

Un marché qui évolue à la hausse

Nicolas, avec son travail patient et son rôle de conseil, contribue modestement mais surement à développer le marché des RR et des Bentley vintage en France. D’ailleurs on constate, depuis un moment, une demande qui va crescendo. Petit à petit, les passionnés redécouvrent ces voitures authentiques (construites à la main) qui présentent une foule d’avantages, notamment celui de disposer d’une voiture de collection sans les inconvénients. En effet, correctement entretenues, elles sont d’une grande fiabilité, offrent un confort et des aptitudes routières qui restent largement d’actualité, et permettent de conserver ses points de permis bien plus facilement qu’avec une sportive. A cela il faut ajouter un indéniable et surprenant capital sympathie. Garez une RR vintage sur un marché et vous verrez les réactions…

 

Enfin on est très loin de la folie spéculative qu’engendre certaines marques. Les prix montent doucement mais régulièrement. Les belles voitures sont rares, et les acheteurs commencent à comprendre qu’il vaut mieux acheter une belle voiture plutôt qu’un prix. D’autant plus que l’ensemble de la production RR / Bentley des cinquante dernières années est encore très largement sous côté.

Un peu d’irrationnel dans un monde prédictif

Pour Nicolas l’irrationnel avec ces voitures n’est jamais très loin : Je pense que certains objets ont une âme, et ces voitures, de par leur construction artisanale et leurs vécus, souvent mouvementés, en ont une.

Pour continuer dans l’irrationnel, Nicolas me raconte qu’il a un client qui n’a pas son permis et qui lui a acheté une RR. Il se contente de regarder sa voiture…